Un amour qui tourne mal, parce que lui, il avait l'esprit libre (cette esponja sin dueño), et parce qu'elle, déjà fiancée, n'a pas eu la force de lutter contre « tous les siècles de colonialisme espagnol », le poids de l'église et de la société patriarcale... On est loin de l'avénement du féminisme de la fin des années 1990, bien sûr, et on peut estimer que Silvio observe, en 1969, la situation de ces buenas muchachas avec des oeillères. Mais demeure le violent sarcasme, la cruelle ironie cachée derrière la litanie des , pour dire le dépit amoureux. Dans la dernière strophe, grande perversion que cette reprise détournée du jugement du roi Salomon : puisqu'il n'y a que cela qui compte, alors scions les bien matériels plutôt que de se retrouver sans rien –tienes derecho también ! Il y a dans cette chanson, détournement du titre du livre d'Engels, une voix libératrice, mêlant drame amoureux et pamphlet politique, où le mariage devient une mise à prix. 

 

 

La familia, la propiedad privada y el amor

El derrumbe de un sueño,

algo hallado pasando

resultabas ser tú.

Una esponja sin dueño,

un silbido buscando

resultaba ser yo.

Cuando se hallan dos balas

sobre un campo de guerra,

algo debe ocurrir

que prediga el amor:

de cabeza hacia el suelo

una nube vendrá

o estampidas de tiempo

los ojos tendrán.

Fue preciso algo siempre

y no fue porque tú

tenías lazos blancos en la piel,

tenías precio puesto desde ayer,

valías cuatro cuños de la ley,

tú,

sentada sobre el miedo de correr.

 

Una buena muchacha

de casa decente no puede salir.

¿Qué diría la gente

el domingo en la misa

si saben de ti?

¿Qué dirían los amigos,

los viejos vecinos

que vienen aquí?

¿Qué dirían las ventanas,

tu madre y su hermana

y todos los siglos

de colonialismo español,

que no en balde

te han hecho cobarde?

¿Qué diría Dios

si amas sin la iglesia y sin la ley,

Dios,

a quien ya te entregaste en comunión,

Dios,

que hace eternas las almas de los niños

que destrozarán las bombas y el napalm?

 

El derrumbe de un sueño,

algo hallado pasando

resultabas ser tú.

Una esponja sin dueño,

un silbido buscando

resultaba ser yo.

Busca amor con anillos

y papeles firmados,

y cuando dejes de amar

ten presente los niños,

no dejes tu esposo

ni una buena casa,

y, si no se resisten,

serruchen los bienes,

―que tienes derecho también―

porque tú

tenías lazos blancos en la piel,

tenías precio puesto desde ayer,

valías cuatro cuños de la ley,

tú,

sentada sobre el miedo de correr.

La famille, la propriété privée et l’amour

L’effondrement d’un rêve,

surgie en passant

c’était toi.

Une éponge sans maître,

En quête d’un refrain

c’était moi.

Quand deux balles se rencontrent

sur un champ de bataille

quelque chose doit advenir

qui annonce l’amour :

de la tête au sol

un nuage viendra

ou bien dans les yeux

le temps qui se bouscule.

Toujours il a fallu ce je-ne-sais-quoi

Qui ne fut pas, parce que toi

tu avais des rubans de promise sur la peau,

toi

tu étais mise à prix depuis hier

toi

tu valais les quatre cachets de la loi

toi,

campée sur ta peur de t’enfuir.

 

Une gentille jeune fille

de bonne maison ne peut pas sortir

que diraient les gens

le dimanche à la messe

s’ils savaient pour toi ?

Que diraient les amis,

les vieux voisins

qui viennent ici ?

que diraient les gens à la fenêtre

ta mère et sa sœur

et tous les siècles

de colonialisme espagnol,

qui ne t’ont pas rendue

lâche en vain ?

Que dirait Dieu

Si tu aimais hors de l’Église et de la loi,

Dieu,

à qui tu t’es livrée en communion

Dieu,

qui rend éternelles les âmes des enfants

que détruiront les bombes et le napalm ?

 

L’effondrement d’un rêve,

surgie en passant

c’était toi.

Une éponge sans maître,

En quête d’un refrain

c’était moi.

Cherche l’amour avec des bagues

et les papiers signés,

et quand tu cesses d’aimer

pense aux enfants

ne quitte pas ton mari

ni ta belle maison

et s’ils cèdent,

qu’ils partagent les biens à la scie

– parce que toi aussi tu as le droit –

parce que toi

tu avais des rubans de promise sur la peau,

toi

tu étais mise à prix depuis hier

toi

tu valais les quatre cachets de la loi

toi,

campée sur ta peur de t’enfuir.