Aunque no esté de moda

Hoy de mí hacia ti, hoy de ti hacia mí,

quiero hacerte un regalo viejo.

Desempolvemos algo las pasiones lejanas,

algo de aquellos sueños sin ventanas.

Vivamos de corrido, sin hacer poesía,

aprendamos palabras de la vida.

 

Desnudémonos pues, como viejos amantes,

que lo mismo de siempre nos queda delante.

Desnudémonos pues, como viejos amantes:

que se apague la luz y que el sol se levante.

 

Te quiero salvar de tu desnudez

en pleno centro de la soledad.

Me quiero salvar haciendo revolución

desde tu cuerpo de cristal.

 

Algo nos está pasando:

ayer te leí una mano

y cada dibujo, al verme, me interrogó.

Algo nos está pasando:

ayer apreté el interruptor de encender la luz

y encendí el sol.

 

Hoy de ti hacia mí, hoy de mí hacia ti,

vamos a hablar en voz muy baja.

Dime lo que te pasa, déjame levantarte,

déjame darte un beso y curarte.

Vivamos de corrido, sin hacer poesía,

aunque no esté de moda en estos días.

 

Aunque no esté de moda te pido una mano:

mis entrañas no entienden de estética y cambios.

Aunque no esté de moda repite conmigo:

quiero amor, quiero amor, quiero amor compartido.

 

Te quiero salvar de tu desnudez

en pleno centro de la soledad.

Me quiero salvar haciendo revolución

desde tu cuerpo, por variar.

 

Algo nos está pasando:

un ruido como de pasos viene

en la oscuridad y se vuelve a ir.

Algo nos está pasando

desde que la gente está empeñada

en quererse amar y en poder vivir.

Bien que ça ne soit pas à la mode

Aujourd’hui de moi à toi, aujourd’hui de toi à moi,

je veux t’offrir un vieux cadeau.

Dépoussiérons un peu de ces passions lointaines,

un peu de ces rêves sans fenêtres.

Vivons sans nous arrêter, sans faire de poésie,

Apprenons les mots de la vie.

 

Dénudons-nous alors, comme de vieux amants,

Pour que demeurent les choses de toujours.

Dénudons-nous alors, comme de vieux amants,

Que la lumière s’éteigne et que le soleil se lève.

 

Je veux te sauver de ta nudité

En plein centre de la solitude.

Je veux me sauver en faisant la révolution

Depuis ton corps de cristal.

 

Quelque chose nous arrive :

Hier j’ai lu dans ta main

Et chaque ligne, en me voyant, m’interrogeait.

Quelque chose nous arrive :

Hier j’ai appuyé sur l’interrupteur

Et j’ai allumé le soleil.

 

Aujourd’hui de toi à moi, aujourd’hui de moi à toi,

Parlons à voix très basse.

Dis-moi ce qui t’arrive, laisse-moi te relever,

Laisse-moi te donner un baiser et te soigner.

Vivons sans nous arrêter, sans faire poésie,

Bien que ça ne soit pas à la mode de nos jours.

 

Bien que ça ne soit pas à la mode montre-moi ta main :

Mes entrailles ne comprennent pas l’esthétique ou le changement.

Bien que ça ne soit pas à la mode répète après moi :

Je veux l’amour, je veux l’amour, je veux l’amour partagé.

 

Je veux te sauver de ta nudité

En plein centre de la solitude.

Je veux me sauver en faisant la révolution

Depuis ton corps, pour changer.

 

Quelque chose nous arrive :

Un bruit vient comme un bruit de pas

Dans l’obscurité et s’en va.

Quelque chose nous arrive

Depuis que les gens s’obstinent

à vouloir aimer et pouvoir en vivre.